meslem seddik (mahi)

Il était une fois, machaho…

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Mahi Meslem Seddik (Artiste et conteur )
« Il était une fois, machaho… »
Contes que, depuis des temps très anciens, les vielles grand-mères berbères de Kabylie redisent à leurs petits enfants (et aussi à ceux qui le sont moins).

C’est la marque de l’ancienneté, c’est aussi le magique sésame, la formule qui donne accès au monde à la fois étrange et familier, où toutes les merveilles sont à portée de désir et tous les vœux miraculeusement exaucés – comme dans les rêves – ou cruellement déçus – comme dans la réalité. Tous ces contes sont oraux. Ils ont, pour venir jusqu’à nous, traversé des dizaines de générations. Peut-être vivent-ils les dernières années où nous pouvons les entendre encore sous cette forme », exprimait Mammeri de son vivant.
Par la suite, entreprendre de traduire en arabe populaire tous les contes oraux recueillis et traduits en français par l’écrivain (aubépine, la fille du charbonnier, blanche colombe, la fiancée du soleil, l’oiseau d’or, Zal Goum, les ogres), fut une « révélation ». C’était au début des années 1990. Mahi Meslem Seddik débuta son parcours artistique en 1975 avec la troupe des 4 Saisons jusqu’en 1980. Le temps de s’initier. Ensuite, animateurs du cinéclub de sa ville natale, fondateur et membre de l’association Ateliers culturels, assistant réalisateur de « L’épopée du prisonnier 7046 » et du documentaire (52mn) « Femme taxi à Sidi Bel Abbès », réalisé par Belkacem Hadjadj et produit par Rtbf, il sera, tour à tour, partout et nulle part.
Mais, c’est certainement la traduction et l’adaptation en langue populaire d’un large extrait de l’œuvre poétique de Bachir Hadj Ali sur la torture en Algérie (texte d’origine : L’Arbitraire), qui cèlera ses ultimes illusions.

Le temps de se forger une conviction

« Les nuits de septembre où le chant du merle est un chant profond et solitaire d’un homme face à la question. C’est aussi le récit d’un homme, du poète des mémoires clairières, face à l’horreur de la bêtise humaine », résume Mahi, en évoquant l’œuvre. Le traduire en arabe populaire est une autre manière de redécouvrir, dit-il, la richesse de notre patrimoine culturel. Et ça sera avec la très prochaine sortie aux éditions L’Harmattan (collection contes des quatre vents- édition bilingue : français-arabe dialectal) de Pierre de Lune, conte pour enfants de pierre Le Duc, traduit par Mahi.
Un conte où l’on retrouve feu M’Qalech, dans une posture qui lui sied à merveille. L’artiste des pauvres de Bario Alto, nous a quittés il y a plus de deux ans, par une nuit froide de décembre 2002, à l’âge de 72 ans. De son vrai nom, Abdelkader Bouchrit , cheikh M’Qalech « en plus de son récital de chansons, qu’il assurait en alternance avec un autre maître du genre, en l’occurrence Kadri D’ziri, père de la mythique Zina de Raïna Raï, se fera également remarquer sur les tréteaux en intermède des spectacles avec des monologues hilarants », rappelait, récemment, son ami Mir. M’Qalech disparaîtra dans l’indifférence. Celle des « gardiens bien pensants de la culture algérienne ». Avait-il besoin d’eux ? Sûrement pas. « Conter M’Qalech, modestement… c’est le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre », raisonne Mahi. Les laissés-pour-compte de la Mekerra ne pourront pas le contrarier. Sûrement.

M. Abdelkrim
el watan 22 février 2005

23 juin, 2008 à 19:52


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